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Je souhaite préciser ma position relative aux salles de consommation compte tenu de l’actualité de ce thème.
Rapporteur de la mission « santé publique » pour le budget 2007, je m’étais concentré sur l’efficacité des moyens que la France met en œuvre pour lutter contre la toxicomanie, mais aussi pour prévenir les risques. Dans ce rapport, je proposais l’expérimentation d’une ou deux salles de consommation en France, comme cela se pratique dans d’autres pays européens. En décembre 2009, lors de la discussion du budget de la santé à l’Assemblée, j’ai posé une question sur le sujet à la ministre Roselyne Bachelot. Elle m’a répondu attendre le rapport de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et ce dernier paru depuis, est très favorable aux salles de consommation.
En effet, il faut combattre la toxicomanie et cela n’est pas incompatible avec le principe des salles de consommation de drogue, qui ne constituent pas un accompagnement, bien au contraire. C’est méconnaître le problème que de faire l’amalgame. En France, notamment dans les grandes villes, certains quartiers accueillent une grande densité de toxicomanes et une grande partie d’entre eux échappe totalement à l’action des personnels soignants. En raison de mauvaises pratiques, la moitié des personnes qui se droguent par injection sont porteuses du virus de l’hépatite C. Les salles de consommation peuvent non seulement leur apprendre les méthodes pour minimiser les risques, mais également les rapprocher des soignants. Ces derniers pourraient alors les conduire vers des produits de substitution. Or, dès qu’il y a substitution, il y a moyen de socialisation. On peut ensuite envisager le sevrage.
C’est la problématique que nous avons connue quand les seringues ont été mises en vente libre afin de lutter contre la propagation du sida. Cela n’a pas favorisé la consommation, contrairement à ce que certains redoutaient.
Cela dit, encore une fois, il n’est pas question de généraliser un tel dispositif, coûteux et complexe à mettre en place, mais bien de l’expérimenter dans une ou deux villes en France, dans des quartiers où l’on trouve une grande densité de toxicomanes.
Il s’agirait ensuite de prendre une décision et en fonction des positions avancées aujourd’hui, je ferai valoir mon point de vue au ministre de la santé et au premier ministre.
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